Jean Kéhayan Journaliste Écrivain

Où se trouve l’infini ?

Du plus loin que me reviennent les mystères de l’existence, il y a une notion que je n’ai pas su ou pu entrevoir.

Ni la géométrie classique ou dans l’espace ni la trigonométrie et plus encore le concept même. Il s’agit de l’infini.

Pourtant une rupture salutaire dans ma vie m’a fait rencontrer les dissidents soviétiques en lutte contre le totalitarisme. Avec eux j’ai compris que la moindre once de liberté conquise se démultipliait sans fin. Un tournant fondamental dans mon existence.

J’ai imaginé une assemblée de dictateurs rassemblant les meilleurs spécialistes du cerveau pour déceler où gîtait la cellule qui rend les hommes fous de liberté sans l’usage du scalpel. Ils en conclurent que c’était impossible sauf à rendre les sujets amorphes et dépourvus de toutes leurs capacités. A quoi bon diriger un peuple lobotomisé ?

Depuis je cours derrière ce mystère : où donc se cache la notion de liberté dans le cerveau ? J’ai consulté les meilleurs spécialistes et à ce jour personne ne m’a donné de réponse.

Au moins aurais-je compris, qu’en effet, je peux appréhender la notion d’infini grâce à la capacité de tous les êtres humains à poursuivre leur recherche de liberté, que ce soit en démocratie, chez les tyrans et autres satrapes. Aucun dictateur ne pourra rien pour enlever du cerveau le goût de la liberté. Et du coup je peux affirmer avec des hommes d’exception que j’ai pu côtoyer, lire et apprécier comme Andréï Sakharov, Vaclav Havel, Nelson Mandela, Martin Luther King, Hrant Dink et tant d’autres que « l’amour et la vérité triompheront de la haine et du mensonge ».

Une notion que j’essaie de décliner à l’infini.

Jean Kehayan

Ouvrages :

Photographies de Jean Kehayan à Marseille : Exposition sur les traces du génocide arménien en Anatolie turque

La quête de Jean Kéhayan

Parti sur les traces de son père qui, en avril 1915, échappa par miracle au génocide des Arméniens, Jean Kéhayan a ramené d’Anatolie une série de textes émouvants, et des photos écrasées de soleil.

« L’Ararat pour mémoire » décrit une vie paisible, des enfants bruns souriants, des troupeaux de moutons bien sage, des marchants de pastèques assoupis, mais aussi des églises laissées à l’abondants.

Derrière ces clichés, le trouble, lancinant, s’installe ; comment était-ce avant ? Que reste-t-il de la présence séculaire des Arméniens sur cette terre où leur langue ne retentit plus ?

Du vide et des ombres, à l’ombre du mont Ararat.

Et je me trouve dans la peau de l’étranger arrivé trop tard à l’enterrement de ses illusions, écrit Jean Kéhayan.

Thomas M.

Ces photos ont servi à illustrer un reportage de 12 pages dans Libération en juillet 2001 sur les traces du génocide des Arméniens en Anatolie qui, à partir de 1915, fit 1 500 000 victimes dont tous les grands-parents de Jean Kéhayan.

Il fut couronné du Prix Bayeux du grand reportage.

Jean Kéhayan reçoit les insignes d’Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres

Remise de La Légion d’Honneur à Jean Kéhayan par le Professeur Boris Cyrulnik

Le lundi 24 octobre 2016, à 18h, au cœur de la Maison arménienne de la jeunesse et de la culture de la rue Saint-Bazile (1er) à Marseille, Boris Cyrulnik, écrivain, neuropsychiatre et théoricien de la résilience, également Officier de la Légion d’Honneur, a remis la médaille de Chevalier à Jean Kéhayan, président d’honneur du Club de la Presse Marseille Provence Alpes du Sud, journaliste engagé et essayiste.

Plus de deux cents personnes se sont amassées dans la salle de la MAJC pour assister à l’avènement d’un grand journaliste devenu preux chevalier.

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